Sortir de chez soi : un jardin par semaine pendant 1 an

par | Avr 25, 2026 | En pratique, Escapades | 0 commentaires

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Sortir de chez soi est parfois compliqué, surtout en hiver et lors de certains aléas de la vie. C’est pourquoi je me lance ce défi : un jardin ou lieu fleuri par semaine pendant 52 semaines. D’un côté, raconter ce que je vois chaque semaine, me montrer un peu, partager. De l’autre, me faire bouger. M’habiller. Sortir. Malgré mes difficultés à la marche et tout ce que cela implique.

J’adore prendre le train. Mon truc, c’est l’escapade impromptue : j’arrive à la gare, je regarde la météo sur mon téléphone et je prends le premier train qui part là où il ne pleut pas. Que ce soit au sud, au nord ou à l’est, peu importe. Je monte dedans et je vois bien où il s’arrête.

Et puis il y a la pause Kaffee-Kuchen. J’y tiens. Mais est-ce que je vais tenir sur la durée ? Et encore plus l’hiver ? Et s’il pleut partout ? Je ne le sais pas encore.

Parfois, un train et un jardin suffisent à changer la journée.

D’où je viens

Le voyage floral a toujours fait partie de ma vie. C’est maman et ma grand-mère qui m’ont appris à regarder les jardins. Les dahlias de ma grand-mère étaient magnifiques, je m’en souviens encore. Aménager son propre jardin floral en tenant compte des couleurs, des moments de floraison ou de collecte des fruits était un de mes hobbys lorsque je vivais à la campagne.

À 16 ans, premiers voyages dans les jardins anglais, du Kent jusqu’en Écosse. Les champs de tulipes aux Pays-Bas. Et même en partant en formation d’émailleur avec Reinhard à Vilnius, nous avons découvert des jardins sur notre route. Partout, toujours les jardins.

Quand les jardins deviennent essentiels.

Infirmière libérale pendant des années. Et puis le burn out. J’ai choisi une activité artistique où la nature était ma principale source d’inspiration. Je photographiais la nature qui reprend ses droits sur ce que l’homme a abandonné. Et puis les jardins sont revenus au centre. Dans mon activité de bijoux botaniques émaillés avec Reinhard, notre inspiration vient toujours de la nature, des jardins où nous observons de plus près les roses, pour les reproduire.

Imagine aller voir une fleur qui pue

En novembre 2021, j’ai pris un abonnement au jardin botanique d’Hanovre. Depuis Karlsruhe. Pour aller voir l’amorphophallus titanum fleurir. La fleur qui pue. Elle fleurit une fois tous les dix ans, elle ne dure que quelques jours. Je prenais le train tous les matins pour la voir changer, un peu, chaque jour. Avec l’abonnement, j’entrais plus vite. Je savais quel train prendre. Je savais comment rentrer sans rater le dernier.

Quand une floraison compte vraiment, on organise sa vie autour d’elle.

Ma vie bascule

Et patatras ! Handicap à une jambe, déambulateur. On pourrait croire que les jardins s’éloignent. C’est là que les jardins sont devenus un vrai moteur pour sortir de chez soi.

La rééducation par les jardins. Les premiers escalators à reprendre. L’acceptation de sortir avec un déambulateur. Et là, j’ai compris ce que veut réellement dire accessibilité. L’accessibilité, ce n’est pas un pictogramme posé sur un site internet. C’est avant et après le jardin. Parfois un jardin n’est accessible qu’à 30%, comme souvent les jardins japonais avec leurs petits chemins qui sillonnent à travers la flore.

Et voyager sans voiture, ce n’est pas toujours simple non plus. Je l’ai testé. De temps en temps, les correspondances ne sont pas évidentes, parfois, on se retrouve à improviser sur place pour rentrer. J’ai toujours réussi. Mais j’aurais aimé avoir quelqu’un qui me dise à l’avance ce qui fonctionne vraiment. C’est exactement ce que je note dans chaque article. Pas une garantie, une indication d’amie.

Pendant ma rééducation, j’ai visité des jardins partout en Allemagne. En train, sans voiture, au bon moment. Des grands jardins botaniques, mais aussi des endroits où personne ne cherche. La roseraie d’Oberderdingen, à deux pas de Karlsruhe, que presque personne ne connaît. Et comme dans la chanson de Brel, je suis passée par Vesoul. En voiture cette fois, parce qu’en France hors des grandes villes, le train ne mène pas partout. C’est une des raisons pour lesquelles j’aime autant voyager en Allemagne. Le réseau est là, les jardins aussi.

Sortir de chez soi : moins on bouge, plus c’est dur

Et dernièrement, deux mois sans bouger de chez moi. Et cette sensation qu’on connaît toutes, moins on bouge, moins on a envie. Plus dur de ressortir de chez soi.

Ce n’est pas qu’une question de handicap. C’est universel. L’hiver qui s’étire. Le quotidien qui accapare. Et un jour, on réalise qu’on ne voit plus rien. La nature est là, c’est joli, mais on passe à côté. On ne regarde plus vraiment.

Pour toutes celles qui n’ont pas eu cette chance

Pas tout le monde a eu une grand-mère pour apprendre à regarder. Quelqu’un qui te montre une floraison au bon moment, qui te dit le nom de la fleur, qui t’apprend à t’asseoir sur un banc sans regarder l’heure.

C’est pour toutes celles qui aiment les jardins, qu’elles vivent en Allemagne ou qu’elles la traversent le temps d’un voyage. Celles qui planifient leurs escapades autour des floraisons. Celles qui ont besoin de souffler. Celles qui veulent juste prendre rendez-vous avec elles-mêmes, dans un endroit beau et calme.

Ma mission, c’est de sortir de chez soi ou de ressortir, et d’emmener avec moi toutes celles qui aiment la nature et les beaux jardins. Faire découvrir les jardins botaniques d’Allemagne, les floraisons, les petits détails que personne ne remarque vraiment. Un peu comme ma maman et ma grand-mère me l’ont transmis.

Les jardins ne sont pas seulement beaux. Ils remettent en mouvement. Ils donnent une raison de sortir de chez soi.

Alors, Prête à sortir de chez soi ?

Cette semaine, il y a forcément un jardin qui attend. Un train qui part. Une floraison qu’on va rater si on reste dedans.

Prête pour le défi ?

Pour voyager autrement

Les jardins sont là. Les trains aussi. Il ne manque parfois que l’envie de partir.

Sources de l’article : sortir de chez soi, un jardin/semaine

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