J’étais partie chercher le tunnel de glycines et je suis tombée sur ce Malus floribunda. C’est souvent comme ça que ça commence. On part voir une chose et on trouve autre chose.
Un arbre un peu à l’écart, bien entouré d’herbe qu’on ne tond pas sous ses branches. Pas mis en valeur, pas signalé. Et pourtant, plus tu t’approches, plus sa couleur te happe. Un rouge profond sur les boutons, presque carmin, qui s’ouvre peu à peu vers le rose. Et quelques jours plus tard, je suis revenue le vérifier, les fleurs pâlissaient vers le blanc. Le même arbre, une autre couleur. Un vrai caméléon.

Je cherche la plaque.
Malus floribunda. Japanischer Apfel. Heimat : Japan.
Un pommier en fleurs au mois d’avril. Je l’aurais quasiment raté et cependant il a un certain charme romantique.
Sur les panneaux des jardins allemands, tu le trouveras sous le nom de Japanischer Apfel. C’est Philipp von Siebold, médecin botaniste bavarois passionné du Japon, qui l’a décrit et introduit en Europe en 1862. Toutefois, un × dans son nom scientifique Malus × floribunda indique qu’il s’agit possiblement d’un hybride.
Le pommier qu’on ne mange pas
Le Malus floribunda est un pommier ornemental. Pas pour les confitures, pas pour le cidre. Ses petites pommes en automne sont minuscules et acides. Pas vraiment pour croquer. Mais pour une gelée acidulée, elles font très bien l’affaire. Les oiseaux, eux, ne se posent pas la question. Et le jardinier pense à les ramasser avant la tonte. C’est souvent pour cela qu’on le plante un peu à l’écart, avec en dessous des plantes couvre-sol qui cachent le terrain sans entretien.
Prunus, Cercis… et le Malus floribunda oublié
Le Malus floribunda fleurit entre les cerisiers et le Cercis siliquastrum, l’arbre de Judée, celui dont les fleurs rose-pourpre naissent directement sur le tronc. Deux arbres qui savent se faire remarquer. Lui arrive un peu après les premiers, un peu avant les seconds. On le voit. On passe. On cherche les cerisiers.
Et pourtant sa fleur est reconnaissable. Petite, généreuse, serrée sur les branches. Pas spectaculaire comme une allée de Kanzan. Plutôt discret et dense.

Cinq pétales bien ouverts, bien séparés, qui ne se touchent pas. Au centre, un bouquet d’étamines jaunes. Une fleur simple, comme une petite rose sauvage. Normal : le Malus floribunda est une rosacée, comme le cerisier.
Revenir deux jours plus tard, et tout a changé
C’est ce qui m’a le plus surprise. La première fois, les boutons carmin, presque rouges. Je reviens deux jours plus tard, le rose a pris le dessus. Et encore quelques jours après, les fleurs pâlissent vers le blanc. Le même arbre, impossible de le résumer à une seule couleur.
En France, un malus, c’est une pénalité, comme une prune. Mais le Malus floribunda, lui, c’est tout le contraire. Plutôt un bonus.

Ton défi de la semaine
Cette semaine, cherche un Malus floribunda en fleurs près de chez toi. Il est peut-être là depuis des années. Tu passais juste devant sans t’arrêter.
Si tu en trouves un, partage ta photo sur Instagram @youzenme. 🌸
Le mot de Véro
Comment le reconnaître : on peut le confondre avec un cerisier, mais pas de stries horizontales sur le tronc. Branches étalées, parfois jusqu’au sol. Cinq pétales bien séparés qui ne se touchent pas, étamines jaunes au centre. Les boutons carmin sont la signature.
Meilleur moment : mi-avril, quand les boutons commencent à s’ouvrir pour voir toute la transformation.
En automne : de petites pommes minuscules et acides. Pas vraiment pour croquer. Pour les oiseaux surtout.
Résistant au froid jusqu’à -25°C, un arbre robuste pour nos hivers.
Sources
Trees and Shrubs Online — Malus × floribunda — treesandshrubsonline.org
Wikipedia — Pommier japonais — fr.wikipedia.org


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