Une escapade florale à Baden-Baden, quoi de mieux un dimanche de mai ? En Allemagne, les magasins sont fermés le dimanche. Mais Baden-Baden, elle, ne ferme jamais vraiment. La ville est connue pour ses thermes, ses musées, son casino et ses roses. Et surtout pour cette promenade qui fleurit sans interruption du printemps à l’automne. Tulipes, azalées et rhododendrons, giroflées, glycines, pivoines, roses, dahlias. À chaque semaine sa floraison, à chaque visite sa surprise.
J’y étais ce dimanche, jour de la fête des Mères en Allemagne.
Mon point de départ : le Festspielhaus
Je commence toujours par le Festspielhaus, l’ancienne gare reconvertie en opéra, le plus grand d’Allemagne. C’est mon point de ralliement naturel, et aussi l’endroit où je retrouve des amies qui arrivent en voiture ou en train. En poussant la porte, les peintures murales valent à elles seules l’arrêt.
Depuis là, on suit l’Oos à pied en direction de la Trinkhalle. Ce petit ruisseau est le fil conducteur de toute la balade. Quelques canards, et parfois un héron immobile sur la berge. Sur les flancs de colline, le parc s’ouvre avec ses allées de rhododendrons et d’azalées, encore très fleuris en mai.

Les pivoines
Juste entre la Trinkhalle et le casino, un jardin de pivoines t’attend. Du rose pâle presque blanc, du saumon, de l’abricot, du fuchsia serré en bouton, du rouge qui s’épanouit en coupe généreuse, étamines dorées bien visibles. Certaines sont légèrement parfumées. La composition des différentes variétés est un bonheur pour l’objectif. Ces pivoines ce sont elles dont je parle les « fameuses Pfingstrosen, les roses de Pentecôte« .
Je ne connais pas toutes les variétés, et c’est ma seule frustration. Mais une pause sous la gloriette en fer forgé s’impose. Avant 13h, avant la foule, c’est le meilleur moment.

Le Kurhaus et ses colonnades
Les villes thermales ont cette tradition du beau : jardins soignés, promenades fleuries, air de villégiature. Baden-Baden en est l’exemple parfait. Après les pivoines, la promenade longe le casino puis les Kurhaus-Kolonnaden. On change de rythme. Le Kurhaus est à la fois élégant et vivant : concerts, thés dansants le dimanche en été, festivités tout au long de la belle saison. Une ville de cure qui n’a pas renoncé à ses plaisirs. On flâne, on regarde les vitrines. Une pause gourmande selon les envies, glacier ou salon de thé, et on est prête pour la deuxième partie du parcours, plus arborée et ombragée, idéale l’été.
La Lichtentaler Allee : rivière, ponts, musées
On longe l’Oos par les petites allées, à l’abri de la circulation. Pas de voiture, pas de bruit. L’eau court sur les pierres, les ponts se succèdent, des calèches passent au pas. On avance au rythme qu’on veut, entre élégance et douceur. Et chaque printemps, l’Entenrennen : 4000 canards en plastique numérotés lâchés sur l’Oos, début mai. Entre les plaques d’immatriculation BAD et le lâcher de canards jaunes, Baden-Baden sait surprendre.
Si l’envie d’une pause culturelle, l’art est au rendez-vous : sculptures le long de l’allée, et deux musées côte à côte, la Kunsthalle et le musée Frieder Burda, reliés par un passage couvert. Pratique si le ciel change d’avis.
L’escapade florale à Baden-Baden passe obligatoirement par la roseraie
Baden-Baden est aussi une ville de roses, la capitale secrète des roses. Peu de gens savent qu’il en existe deux. La Gönneranlage, au cœur de la promenade, née d’un geste romantique : au début du XXe siècle, le « roi du café » Hermann Sielcken l’offrit à sa femme. Aujourd’hui 10 000 rosiers et 400 variétés vous y attendent. Et sur les hauteurs, la roseraie du Beutig, théâtre d’un concours international annuel où des horticulteurs du monde entier présentent leurs créations, dans l’esprit de Saverne ou Bagatelle. En mai, les deux sont encore en boutons. Il restait des glycines en fin de floraison, des touches parfumées avant l’explosion de juin. Ce seront les roses pour la prochaine escapade.

Le jardin de dahlias
Plus loin, le Dahliengarten. Les dahlias attendent leur heure. Au bout du jardin, le pavillon Bénazet termine la promenade un peu comme la gloriette du jardin des pivoines la commence. En septembre c’est une halte indispensable pour se familiariser avec les différentes espèces, tous étiquetés. Lors de mon passage, les tulipes étaient déjà sur leur déclin.
Tout au long de la promenade, de magnifiques arbres accompagnent la balade : cornouillers, ginkgos, et bien d’autres. Et quelques bustes qui rappellent le passé musical de la ville, Clara Schumann, Brahms, des figures qui ont séjourné ici et laissé leur empreinte.
D’un jardin à l’autre, d’une ville à l’autre
L’escapade florale à Baden-Baden se prolonge naturellement vers Gernsbach. Le bus vous y emmène directement, avec une halte au Katz’scher Garten, un petit jardin baroque et méditerranéen au bord de la Murg, ouvert de mi-mars à novembre jusqu’à 18h, entrée libre. Depuis Gernsbach, le S8 ou S81 ramène directement à Karlsruhe en 28 minutes, beaucoup moins chargé le dimanche après-midi que le régional qui vient de Constance. Et si le temps le permet, continuer jusqu’à Bad Herrenalb, une autre ville « Bad » qui n’est pas du tout « bad ».
Infos pratiques
Cette escapade florale à Baden-Baden est idéale en famille, accessible à tous, parfaite le dimanche ou les jours fériés.
Bus depuis la gare vers le centre : lignes X45, 214 et autres. Vérifier les horaires le jour même.
Quand venir ?
- Dès janvier avec ses perce-neiges, ses crocus,
- puis ses narcisses et magnolias
- Tulipes et rhododendrons : avril
- Pivoines : mi-mai, deuxième ou troisième semaine. C’est bref, c’est pour ça que ça compte.
- Roses : juin, à la Gönneranlage et à la roseraie du Beutig sur les hauteurs
- Dahlias : septembre
Entrée : accès libre sur l’ensemble du parcours.
Accessibilité : j’ai fait l’ensemble du parcours avec un rollator, sans problème.
Sources et liens utiles de cette escapade florale à Baden-Baden
- Site officiel de Baden-Baden : baden-baden.com
- Roseraie du Beutig : Rosenneuheitengarten Beutig
- Katz’scher Garten Gernsbach : gernsbach.de
- Horaires des bus KVV : kvv.de


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